À la Mollière, les cabossés de la vie prennent un nouveau départ

Le sous-préfet Régis Elbez a visité hier le centre de la Mollière à Berck. Spécialisé dans la réadaptation professionnelle et dans l’orientation des personnes handicapées depuis 1952, l’établissement leur permet de se lancer ou se relancer sur le chemin de l’emploi.

Article_1

Le centre de la Mollière accueille cent vingt bénéficiaires reconnus travailleurs handicapés

Qu’est-ce que la Mollière ?

Un centre de préorientation et de réadaptation professionnelle. Cent vingt personnes ayant la reconnaissance de travailleur handicapé y sont accueillies en continu. Elles sont orientées par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) et peuvent si besoin être logées sur place, dans l’une des cent neuf chambres récemment rénovées ou construites.

Trente-cinq autres personnes sont suivies à domicile et dans leur environnement quotidien dans le cadre du SAMSAH (service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés).

Qu’y font les bénéficiaires ?

Article_2

Soixante personnes suivent un cursus de réadaptation professionnelle, à l’image de Paul, 51 ans. Après un très grave accident de travail il y a trois ans, il s’apprête à suivre une formation de soudeur, qualifiante et longue de 18 mois. Dans l’atelier de formation des agents d’entretien du bâtiment, un ancien mécanicien se découvre une nouvelle voie : «  J’ai eu le pouce fracturé, la mécanique de précision, ce n’est plus possible pour moi.  » Son voisin, un ex marin-pêcheur, a été victime d’un infarctus. Un autre confie pudiquement avoir eu «  des problèmes psychologiques  ».

Ils reçoivent une rémunération calculée sur la base de leur ancien salaire, comprise entre 644 et ne pouvant excéder 1 932 € ou, s’ils ne travaillaient pas avant leur orientation, perçoivent une indemnité mensuelle de 652 €.

Article_3

Moniteur en préorientation, Gilles Mathias a expliqué au sous-préfet l’intérêt des tests pratiques, physiques et théoriques que les candidats passent au centre.

Soixante autres bénéficiaires passent des tests de préorientation de 12 semaines maximum, à l’issue desquels ils peuvent soit s’engager dans une formation professionnelle dite de « droit commun » (type AFPA) ou dans un centre de réadaptation comme la Mollière, soit intégrer une entreprise ou un ESAT (établissement et service d’aide par le travail). «  Nous évaluons leurs capacités cognitives et physiques pour envisager un projet professionnel qui corresponde avec leur handicap  », explique Amélie Morel, directrice de l’établissement.

Quelles sont les formations proposées ?

Agent d’entretien du bâtiment, agent de restauration, soudeur, vendeur conseil en magasin et manager d’univers marchand.

À l’issue de leurs parcours, ils se voient décerner un « titre professionnel » délivré par le ministère du Travail ou un certificat leur permettant d’exercer au sein de n’importe quelle entreprise.

Admiratif du travail réalisé par les équipes de la Mollière, Régis Elbez a salué leur «  capacité à redonner une identité et de la fierté  » aux bénéficiaires tout en leur «  laissant la capacité de ne plus douter d’eux-mêmes pour démontrer leur talent en se créant un avenir  ».

La Mollière accompagne aussi les entreprises et leurs salariés en situation de handicap pour des bilans de compétence, une reconversion professionnelle ou une mise en relation avec les services appropriés. Tél. 03 21 89 07 07.

Source : La Voix Du Nord | Publié le 21/06/2017

Article rédigé par Cécile Legrand-Steeland